Au cours de l’année 2005, le président de l’époque et premier ministre de notre planète, s’est présenté devant les caméras pour expliquer à la population les avantages des appareils électroménagers qui avaient été jusqu’alors si méprisés, et qu’à compter de ce moment, ils seraient distribués aux familles dans tout le pays, par l’intermédiaire des infâmes Livrets de Rationnement.

Des réfrigérateurs, des appareils à air conditionné, des marmites de marque « Queen », des cuiseurs pour riz, des calorifères personnels, des ampoules longue durée, finalement, une série d’appareils électroménagers fabriqués et importés de la République populaire Chine.

Je me souviens, dans les années 70, j’ai déménagé à « Nuevo Vedado ». J’avais une cuisinière électrique avec un four et trois ronds, acquise à Paris dans mes années de travail diplomatique, et chaque fois que je me présentais pour acheter des produits avec le Livret au magasin qui m’était assigné, ils me disaient que je consommais trop d’électricité.

Trois décennies plus tard, les mêmes qui me faisaient des reproches sont venus m’offrir de changer mon vieux réfrigérateur, un magnifique Admiral de 1949, par un chinois qui, selon eux, consommait beaucoup moins. Bien entendu, j’ai refusé puisqu’il fallait remettre celui que l’on possédait, en parfait état de fonctionnement, sans qu’ils ne l’amortissent d’aucune façon de sa valeur, comme si c’était une ferraille, en plus de payer un prix exagéré pour le nouveau.

Heureusement, j’ai répété mon refus à plusieurs occasions, jusqu’à ce qu’ils se tannent (fatiguent) et n’insistent plus. Toutes les personnes qui sont tombées dans le piège des nouveaux appareils le regrettent, puisqu’il y a déjà un moment que le leur ne fonctionne plus, et il n’y a pas de pièces pour les réparer, mais elles continuent de les payer.

La même chose est arrivée à tous ces équipements chinois de si basse qualité : des montagnes en aluminium et en câbles tordus qui remplissent les rayons et les ateliers des magasins bien connus, sans que ceux-ci ne puissent être réparés par manque de pièces de remplacement

Il est honteux qu’une commission de l’Assemblée Nationale ait dépensé tant de temps et de salive, en parlant des marmites de marque « Queen » ainsi que des équipement en mauvais état, dans un pays où tant de problèmes pressants existent comme le mauvais état des écoles et des hôpitaux, la production sucrière pratiquement inexistante, le manque de produits de première nécessité aux magasins, les problèmes avec la production de lait et des pommes de terre et finalement, tout ce qui est vital pour la population. Des personnes qui laissent assurément une impression de honte à l’étranger qu’à l’Assemblée Nationale, on a à parler de questions aussi ridicules que les problèmes d’appareils électriques, déjà désuets.

Je crois que la décision que j’ai prise il y a trois décennies, de ne pas me laisser emporter par la "re-involution électrique" et de ne pas m’endetter en achetant ces articles chinois, a été la plus sage. Mon vieux réfrigérateur Admiral, décoré par moi, continue de refroidir à merveille et je ne dois pas un sou à l’État.

Traduit par Louis L’Ecuyer
20 December 2013

3 août 2012


À ce que je sache, tous les athlètes qui se lancent dans une compétition le font avec le cœur, les reins, le foie, le cerveau…, bref, avec tout le corps, le mental et l’entraînement appropriés. Plus encore, quand il s’agit de se présenter et représenter son pays aux Jeux Olympiques. Je ne sais pas si je suis la seule mais je dois faire abstraction ou couper le son de la télévision pour ne plus prêter attention et perdre patience face au défilé de conneries que nous apporte le sport, et qui ressemble à une sorte d’école pour les commentateurs sportifs de ma planète, qui ressemblent plus à des commissaires politiques quand il s’agit de commenter une compétition. Mais si aucun Cubain ne concours, avec le cœur sur la main, disposé à escalader l’Everest sans équipement, à marcher pieds-nus sur du brasier ardent, ou un frère Vénézuélien, ou un frère Bolivien. Par chance, après la chute du bloque soviétique, s’est considérablement, réduit le lien de parenté de notre arbre original politico-généalogique.

De même, se produit continuellement sur notre écran l’apparition du gagnant avec une médaille en or, et nos chers commentateurs parlent de ce qui s’est passé il y a vingt ans, quand un Cubain X a gagné cette médaille, et cela bien sûr, n’apporte rien du tout à ce qui se passe aujourd’hui. Ceci saute particulièrement aux yeux lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux, parce qu’ils ne pouvaient pas et ne voulaient pas décrire le spectacle scénique ou parler des personnalités que les caméras filmaient pendant un laps de temps. Ils n’ont rien apporté comme informations, et ce néant s’applique aussi à la description des athlètes les plus talentueux, contrairement à ce temps passé où les pays communistes disparus remportaient toutes les médailles.
Éthiquement et professionnellement pauvres, ils en viennent à insinuer, et même affirmer, quand un Cuba perd ou que la couleur de la médaille est décevante, que c’est de la faute des juges qui conspirent contre nos athlètes. De même, s’il s’agit d’être en concurrence avec un sportif britannique, ils insinuent qu’il est favorisé puisqu’il est dans son pays. Cela suffit pour que nous refusions de suivre ce type de compétitions, à cause du caractère politique qui leur est collé à la peau. Des fois, et je n’ai pas honte de l’avouer, je préfèrent même voir nos athlètes perdre pour m’économiser toute ce triomphalisme et ce chauvinisme qui va avec la victoire, et qui peut durer des jours.

Mais il y a quand même quelque chose de triste là-dedans : nos athlètes, au fur et à mesure, sont montés tout de suite après dans cet avion, cœur sur la main, qui les conduira jusqu’à la mère-patrie. Ils ne pourront jamais se permettre d’assister aux festivités de la clôture des Jeux, et partager des choses avec les autres délégations.

Traduit par : Aïda

31 juillet 2012


Dans le cadre dans lequel je vis, il fut une époque où l’on pouvait se reposer en se baladant dans un espace protégé du soleil où fleurissaient les arbres, mais tous, un à un furent victimes de quelques voisins intolérants qui les voyaient comme une gène, et coupèrent les feuilles qui leur semblaient esthétiquement moches, sans pour autant être importunés par les boîtes de conserves vides et les mégots et paquets de cigarettes vides qui traînaient par terre, puisqu’eux-mêmes les jetaient sur les trottoirs.

Il y a deux semaines, est tombé l’ultime arbre qui nous donnait de l’ombre, qui ne se trouvait pas à proprement dit dans la rue, mais dans la propriété d’un Jardin d’Enfants et qui fut à plusieurs reprises agressé par l’essence qu’un voisin jetait sur lui, avec la ferme intention de le faire mourir. L’arbre survécu, parce que sa sève continuait à circuler dans ses feuilles à travers le tronc qui restait hors de porté de son prédateur. Mais, affaibli, il est finalement tombé, en causant par ailleurs des dommages et bouchant le passage. L’auteur de cet assassinat chercha le moyen de faire venir une équipe de la Compagnie d’Électricité pour couper l’arbre, puisque pendant sa chute il endommagea un câble.

Cet arbre n’a pas pu être sauvé, on aurait pu lui mettre des tuteurs géants et replacer ses racines, mais ceci n’aurait pu se faire que dans un pays civilisé, pas dans le notre. Cet arbre fut tout simplement découpé à la tronçonneuse et abandonné. Aujourd’hui, une brigade est enfin venue avec une scie électrique pour le couper en morceaux. La brigade est venue, puis repartie de sitôt, comme toujours, emportant avec elle de grands morceaux mais laissant derrière elle une grande quantité de branches et de feuilles sur le trottoir.

Un autre arbre en moins, dans un pays où le soleil nous punie tous de la même manière. Désormais, plus personne ne pourra s’abriter sous son ombre.

Traduit par : Aïda

27 juillet 2012

Photo extraite du livre de O. Matussiere.

Un ami qui travaille dans un lieu où il est très bien informé me raconte qu’autant lui comme ses collègues sont déconcertés parce qu’il existe des bureaux du Ministère de l’Immigration où il n’y a que des noirs. Au-delà de le remarquer et de chercher les raisons à cela, ils s’enquirent d’une résolution, d’un ordre donné, à cause du faible taux d’afro-cubains dans ces bureaux. Cela fait déjà quelques années que ça marche comme ça, décision du Parti Communiste.

Comme le dit si bien Máximo Gómez en parlant des Cubains : ou ils y arrivent, ou ils passent à côté.
Ceci n’est rien d’autre qu’une nouvelle modalité de racisme. Cette fois, cela affecte les blancs, les Chinois et les métisses, qui eux-aussi sont des intégrantes importantes de notre société.

Jusqu’à quand allons-nous continuer à perpétrer les mêmes erreurs ? Décrocher un emploi devrait se résumer à la compétence du candidat, qu’il soit capable de faire le travail demandé, jamais la couleur de peau de ce dernier ne doit être prise en compte. Ceci est honteux, après plus d’un demi siècle à proclamer l’égalité et voilà que nous continuons à accentuer ce type de différences, qui ne servent à rien, sauf à creuser encore plus l’inégalité.

Traduit par : Aïda

24 juillet 2012

Le 23 juillet, aux environs des quatre heures de l’après-midi arriva à la Chapelle de la Paroisse San Salvador del Mundo, dans la rue Peñón, Municipalité del Cerro, le cercueil contenant le corps d’Oswaldo Payá, après être passé par les mains de la médecine légale.

La vieille église du XIXè siècle, récemment restaurée, était littéralement bondée, en dépit des chaises rajoutées dans la Paroisse. Les gens ne pouvaient plus rentrer et ont dû rester dehors.

À l’arrivée du cercueil, on le bénie et des cantiques ont animé l’enceinte de l’église, jusqu’à ce qu’il arrive à l’autel. S’en suivirent dix bonnes minutes d’applaudissements.

Des membres de la famille, des amis, et beaucoup d’autres présents, sont restés pour assister à la messe qui était prévue à 20H, messe dédiée à Oswaldo Payá, personne chérie par sa communauté.

Le 24 juillet au matin, le Cardinal Jaime Ortega officia une messe dans cette paroisse à la mémoire du défunt, la pondérant des nombreuses qualités d’Oswaldo comme être humain, religieux et citoyen civique.

Le cortège quitta la paroisse accompagné par un grand nombre de religieux, laïcs, amis, connaissances, de curieux et d’admirateurs, en plus d’une presse étrangère et d’une bonne représentation du corps diplomatique, eux-même émus.

10h30 passées, le corbillard arrive à la Nécropole de Colomb, suivi par d’autres voitures de particuliers, des voitures diplomatiques et de location, d’où descendent des gens venus grossir cette masse déjà présente depuis des heures très matinales. On pouvait y compter plus de mille personnes présentes pour cette messe. En silence, nous marchons derrière le corbillard, en direction de la Chapelle où lui était préparé un répons et où il fut bénie une nouvelle fois.

En parlant avec des amis qui étaient à la messe del Cerro, j’ai pu apprendre qu’à la sortie vers la Calzada, certaines personnes criaient “Liberté! Liberté!” et selon les informations que j’ai, il y eut des bousculades et quelques coups, et Antonio Rodiles, son épouse et Coco Fariñas ont été arrêtés par la police.

Pour autant, toute la cérémonie et l’enterrement furent accompagnés de cantiques religieux, de moments de silence, de beaucoup de soleil, beaucoup de chaleur, et beaucoup de respect pour le défunt. Au total, presque 800 personnes sont restées jusqu’à la fin de la cérémonie.

Les policiers sur leurs motos Suzuki se tenaient prêts, à l’ombre des lauriers. D’autres étaient parmi nous.


Tout était, en apparence, paix et normalité.


Traduit par : Aïda

17 juillet 2012

J’ai appris via la presse et la radio nationales que le Gouvernement de Namibie allait céder au Gouvernement de “ma planète”, rien de plus et rien de moins, que 150 animaux pour le Zoo National, situé dans la périphérie de notre capitale : des éléphants, des lions, des tigres, des panthères, de grands singes, et d’autres espèces, qui viendraient chez nous par voie maritime et aérienne, à partir du mois d’octobre.

A été publié dernièrement dans le Journal Jeunesse Rebelle, dans la section Accusé de Réception, des lettres écrites par des citoyens qui expriment leur consternation et leur dégoût, étant donné l’état d’abandon que subiront les animaux et les installations, dans cet emblématique Zoo de l’Avenue 26, dans le quartier Nuevo Vedado.
Moi-même, j’avais écrit un post là-dessus.

Ceci arrive dans le parc, au sein de la ville, bonne situation géographique qui permet à des centaines de visiteurs tous les jours de venir, pas seulement pour voir les animaux fatigués et affamés, mais aussi pour acheter des friandises qu’offrent ses kiosques bien pourvus en marchandise.
Si cela arrive dans cette zone bien située, observée par un public conséquent, que penser de cet autre espace gigantesque qui est en périphérie de la ville, où l’accès devient de plus en plus compliqué, conséquence de l’inexistant transport en commun et au coût excessif du transport alternatif composé par des vieilles voitures, baptisées “amandes” par la population, dont le tarif est de vingt pesos par personne ?
Moi je lui conseillerais, avec tout mon respect, au Gouvernement de Namibie et aux organisations de protections des animaux en captivité, comme la Taronga Foundation, qu’ils se renseignent bien sur les conditions dans lesquelles vont devoir vivre les animaux, avant de les envoyer vers un triste destin, là où la majeure partie d’entre eux sont condamnés à mourir de faim, puisque le pays d’accueil n’est pas, en ce moment, apte à prendre soin de ceux qu’il possède déjà, à cause du manque d’aliments et de médicaments disponibles au sein de ces infrastructures.

Il vaudrait mieux alors qu’ils restent là-bas, dans leurs environnements d’origine, et si cela est possible, en accord avec les autorités cubaines, d’accorder l’asile à ceux qui sont encore vivants dans nos deux parcs.

Traduit par : Aïda

le 15 juillet 2012

Après seulement 6 mois d’existence, le restaurant privé La Rose Noire affiche une incroyable croissance, puisqu’il a été complet tous les soirs pendant la première moitié de l’année.
Au début, Pedrito, le jeune proprio, a dû affronter beaucoup de problèmes administratifs, et d’autres causés, lamentablement, par l’incompréhension de quelques voisins : oui, l’air conditionné est bruyant; oui, les odeurs traversent les murs des voisins; oui, l’eau de la citerne fait du bruit quand on la remplie, mais en fin de compte, ce sont des choses qui arrivent aussi avec n’importe quel commerce appartenant à l’État, et auxquels aucun bon voisin n’a encore osé se plaindre.

À quoi doit-on une telle réaction vis-à-vis des commerces privés ? Lamentablement, il s’agit d’une frustration accumulée et contenue qui est relâchée quand il s’agit d’un particulier, oubliant qu’il n’est rien de plus que son semblable. Il n’y a pas de pire attaque que celle faite au proprio sans défense, disait ma grand-mère.

Heureusement, ce jeune entrepreneur a réussi à s’en sortir, avec diplomatie et intelligence, et a réussi à améliorer les choses petit à petit, pas seulement les conditions pour créer un espace agréable, mais aussi, des menus toujours plus intéressants les uns les autres, à des prix défiant toute concurrence dans la capitale havanaise.

Il est agréable de voir le déroulement de cette initiative privée, qui en définitive est ce qui permet à l’économie de croître. Un pays n’est pas plus riche selon le nombre de ses millionnaires, mais selon la croissance de sa classe moyenne.

Beaucoup peuvent penser que j’écris ceci par intérêts personnels. Je vous assure que personne ne me paie pour écrire ceci, je le fais simplement par satisfaction, celle que j’ai en voyant ce genre de commerces privés qui voient le jour.
Ces petits établissements : commerces, montés avec force, contre vents et marées, dans des conditions peu favorables, avec bon goût, et bien sûr qui changent peu à peu l’image décolorie et monotone du socialisme que nous connaissons. Nouvelles couleurs, lumineux, avec jardins et espaces verts dans le quartier, plus hygiénique, un menu varié et de qualité : voici les éléments magiques qui amènent certains au succès.

Si vous voulez en savoir plus sur ce restaurant, vous pouvez visiter sa page Facebook : la rosa negra de la habana.

Traduit par : Aïda

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