
En regardant les matchs de base-ball entre l’équipe nationale de Cuba (tous professionnels) et les universitaires américains, adolescents, dont seuls quelques uns ont plus de vingt ans, j’ai ressenti de la honte. Comment est-ce possible qu’il n’ait pas laissé lors de ce match au sommet, justement les novices de notre équipe, pour qu’ils acquièrent de l’expérience, comme on dit!
De plus, dans un stade presque vide, des jeunes en chemises de la même couleur (possiblement estampillés du même centre d’étudiants), la plupart avec des têtes de militaires du parti et, quelques têtes typiquement cubaines, et d’autres, très peu nombreuses, têtes typiquement américaines qui occupent à peine quelques sièges du stade. Comment cela est-il possible que ces rencontres sportives, qui ont réveillé tant d’espoirs chez nos fanatiques, n’aient pas pu remplir le stade Latino-américain de La Havane ? Tout semble indiquer que les entrées sont sélectives.
Jusqu’à quand allons-nous nous tromper nous-mêmes, et en faire des professionnels, de faits et de droits, de ces jeunes hommes qui, dans leur majorité sont mineurs ? Au moins comme ça, malgré le fait d’avoir utilisé nos meilleurs lanceurs, les jeunes hommes auraient sués à grosse goutte.
La presse commente sournoisement, entre les lignes, que la seconde rencontre qui s’est terminée à sept contre six, nos joueurs l’ont presque gagnée par hasard, alors qu’en vérité les jeunes des USA ont beaucoup mieux joué. Ils justifient aussi le fait d’avoir affronté des professionnelles pantois et ce n’est pas la même chose, parce que : ces jeunes hommes ont plus d’expérience que ceux de l’île, parce qu’ils jouent depuis qu’ils sont gosses. À quoi devons-nous cela ?
Entre autres raisons, ici il ne reste que très peu de terrains où pratiquer ce sport. Les anciens terrains de Bohemia servent à planter des bananes et ils sont clôturés, parce qu’ils sont très proches du MINFAR (Ministère des Forces Armées Révolutionnaires) et du Comité Central; sur le terrain de jeux d’Orbay et Cerrato ils ont construit un bâtiment familial de micro-brigade, et c’est comme ça, sans citer tous les autres. Il faut aussi noter qu’anciennement, avant l’année cinquante-neuf pour être tout à fait exacte, un balle professionnelle Wilson coûtait 1,50 pesos (monnaie avec laquelle les salaires sont payés), maintenant elle coûte beaucoup plus, dans une monnaie inaccessible pour la majorité des Cubains : le CUC. Cela est aussi le cas avec les gants et les battes, ce qui rend impossible la pratique de ce sport pour la majorité des jeunes Cubains.
Mais, ce qui est encore plus lamentable, à mon avis, c’est de voir comment une rencontre sportive, sur ma planète, devient d’un coup de baguette magique, un sommet politique.
Traduit par : Aïda